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dimanche 31 août 2008

Départ


Je voulais vous dire que je vous aime
Avant de partir en Aquitaine
Pour que demain vous pensiez à moi
Même si je vis sous un autre toit!

Je sais bien que je ne parle jamais
De mes amours, de ce qui me plaît
Je voulais vous embrasser, avant la fin de l'été
Mais déjà, sans un mot je vous ai quitté!

Vous êtes là sur le quai de la gare,
Je vous vois, vous avez ce regard
Sur mon chemin, je m'en vais
L'oeil mouillé, le coeur en paix!

Quand on aime, on ne se quitte pas
On ne saura jamais qui a dit ça,
Je me dois de suivre ma voie,
Dans ce pays, je vais trouver la joie!

Les mots

Écrire, exercice inutile pour les uns,
Baume et partage pour les autres,
Les écrits restent, disait mon père
Maladresse, disait ma mère!

Peu importe ce que le monde en pense,
L'écriture de semaine ou du dimanche
Respecte les émotions de nos âmes.
Nous fait voyager au-delà de notre misère.

Au gré du vent, de la fantaisie de la plume,
Les mots nous libèrent de la solitude,
Ils nous emportent lâ-bas au milieu des dunes
Nous font oublier notre sort, notre infortune!

Nul ne perdra jamais son temps à écrire,
Un jour, un lecteur rêvera lorsqu'il lira
Ces notes jetées sur un papier envolé,
Ou ces quelques vers sr la porte d'un W.C.

Les gens passent, quittent et repassent
S'il n'y avait pas d'écrits pour les arrêter,
Ils marcheraient sans but parmi les blés,
Il y a les mots qui nous tiennent au chaud.

Les phrases sont écrites par une maman
Sur une carte d'anniversaire pour son enfant,
Sur un pupitre de petite école par Jean-François,
Ou dans le cahier brouillon relu 100 ans plus tard.

Celui qui a dit que l'écriture est perte de temps,
N'a jamais assisté au spectacle des lettres dansantes,
Qui lorsque la musique s'arrête, se posent sur le papier!

vendredi 29 août 2008

Il n'est jamais trop tard

Il n’est jamais trop tard
(Pour tous ceux qui ont perdu un être cher...)

Quelques minutes de plus, et j’aurais pu lui serrer la main,
Croiser son regard, l’étreindre un peu.
Mais hélas, la vie en a décidé autrement.
Quelqu’un m’a dit que ceux qu’on aime ne disparaissent pas vraiment,
Ils flottent autour de notre océan des rêves,
Ils nous attendent avec impatience,
Libérés qu’ils sont du temps et de l’espace.
Leurs âmes subsistent à toujours,
Et lorsqu’ils quittent leur corps, ils sont à jamais présents.
Dans cet hôpital froid de marbre,
Une ombre a passé au-dessus de ma tête,
Un froissement de tissu, un frisson sur ma peau
Je sais qu’il est là tout près de moi et de tous ceux qu’il a aimés,
Il nous touche à sa façon, il nous embrasse sans nous toucher,
Il pleure avec nous et garde le sentier vers la liberté
Qu’à notre tour nous franchirons,
Pour être enfin réunis,
Au-delà de la douleur et du tourment.
Il n’est jamais trop tard pour dire au-revoir,
Puisque loin des yeux, il y a la vraie clarté
Et le grand bonheur.
L’espace d’un temps, nous sommes séparés,
Mais, ce monde n’est qu’illusion,
Et le vrai est celui que l’on voit avec les yeux du cœur.


composé pour une amie

QUAND

Quand le sommeil ne vous libère plus de vos pensées morbides,
Quand les tentacules de la nuit ne vous cachent plus de la réalité,
Quand le bateau ne vous mène plus à bon port,
Quand les rêves s'évanouissent avant le départ,
Quand l'enfant qui grandit ne devient pas adulte,
Quand la fleur qui pousse se fane avant maturité,
Quand le soleil se cache derrière l'épaisse couverture,
Quand l'amour ne suffit plus à apaiser les maux,
Quand les caresses n'étouffent pas la peine,
Quand les larmes ne coulent plus,
Quand le coeur meurtri se languit sans espoir,
Quand le manège ne s'arrête plus,
Quand la galère ne libère pas ses esclaves fatigués,
Quand me délivera-t'on de ce corps de mort, disait Paul dans ses lettres?
Quand?

Ma mère

Pas de souvenirs d'un baiser doux,
Sur sa couche d'enfant humide,
Un bébé attendait ce sourire de mère,
La moiteur de sa main sur son cou,
Elle pleurait à tous les rendre fous.
Mais de marbre, elle était au dehors,
Telle une inconnue,devant cette masse chaude,
Cette petite, qui de son ventre sortit.

Petite fille aux grands yeux de pervenche,
Que cherches-tu au hasard de tes sauts,
Dans ta chambre frais lilas,
Tu voudrais son bras pour guider ton bras,
Elle ne bouge pas dans l'embrasure de la porte.
Et pourquoi ne vient-elle pas se perdre en toi?
Un geste seulement, et voilà la tendresse...

Les volets sont clos, la pièce est vide,
Les scènes se sont déroulées à vive allure,
Quelques cris,mais pas de caresses,
Sur les cheveux soyeux de l'enfant,
Où étais-tu lorsqu'elle était là?
N'eut-ce été qu'un pas vers elle
Pour qu'elle te dise: MAMAN

L'adolescent

La guerre dans les yeux,
Ma main dans ses cheveux,
C'est le soleil, après l'orage,
Il redevient mon petit page.

La rage dans le coeur,
Mon coeur plein de douleur,
Il arrête sa tempête,
C'est le vide dans sa tête.

La colère dans l'âme,
Ma prière pour qu'il se calme,
Il redescend et je pardonne,
Il redevient mon petit homme.

Le vieux pays

Je rêve de nouveaux horizons,
Pour assouvir mes passions,
Alors que je suis dans ce pays,
Je ne me nourris que d’Italie.

Mes nuits passées à penser
À la douce Florence ou au vieux Paris,
N’ont pas su apaiser
Mes tourments, mon ennui.


Je voudrais m’approprier
L’hymne d’une autre contrée
Me réveiller dans les bras de Menton,
Et fêter Noël avec les petits santons.


Douce France, belle Italie
Je me sens comme une fille abandonnée,
Dans un bled perdu, on m’a catapultée,
Loin de la terre que j’envie.

Au temps de mon enfance,
Je me plaisais à chanter
Ô douce France….
M’imaginant à Saint-Germain des prés.


Lorsque de mes pieds, j’ai foulé
Le sol divin de mes ancêtres oubliés,
Plus jamais, je n’ai voulu le quitter,
Mais hélas, au bercail j’ai dû retourner.

La femme aux poupées

Le dimanche, mes poupées se revêtaient de leurs plus beaux atours,
Et nous allions nous promener ensemble au parc des alentours.
Ma mère m’avertit de nous méfier des vautours en habits de troubadours,
Sans lever les yeux, nous longions la rive, préoccupées par nos discours.


Suzette et Robert, Hortense et Laure s’assoyaient sur le parapet près de la rive,
Je leur enseignais les bonnes manières et parfois venait y chanter la grive.
Lorsque dans la chaloupe nous embarquâmes, nous nous crûmes sur un navire
Et bientôt hélas ce fut le naufrage, mes belles amies dans le bateau qui chavire.

Le soleil chaud de juillet ne réussit pas à sécher mes pleurs,
Mon cœur, mon âme tressaillent de douleur
À chaque année, je fais le deuil et me réveille en sueur
Je revois mes compagnes d’hier, perdues dans les flots de l’horreur.

De mon enfance, elles partageaient les moments les plus beaux
Et chantaient dans la chambre haute les refrains de Mirabeau,
Sous la couette, nous prétendions être dans une caverne remplie d’eau
Et au grenier, c’était le cirque avec les clowns sous le chapiteau.

Aujourd’hui, j’ai acheté une poupée qui se prénomme Hortense,
Qu’elle est belle avec ses yeux de pervenche!
Hier, j’ai aperçu Robert et je l’ai sauvé de la brocante.
Laure et Suzette dégustent avec moi au Foyer ‘’La douce charmante’’.
FIN

Mon conte de fées

Les années ont passé
Et moi je veux retourner`
Dans ce conte de fée
Entourée de mes poupées.

Je ne peux me lasser
De penser à cette heure arrêtée
Et dans les verts champs me prélasser
Les yeux au ciel et mon cœur en été.

De la grange, jaillit la fumée
Qui est venue tout gâcher !
Mes yeux de larmes se sont embués
À tout jamais, mon rêve a basculé…

Résultat de nos fautes, de nos péchés
Disait le membre du clergé!
Foutaise! Ils ne me feront plus trembler,
Pourquoi expier pour les étrangers?

Où était ma maison, c’est la jetée,
Et la route traverse ma cour de récré,
Tout est détruit, tout est rasé,
Mon enfance meurtrie, fracassée.

Tous m’ont quittée,
Ma mère, mon père se sont éloignés
Seule avec ma peine, j’ai erré
Dans la disgrâce, embarrassée.

Retourner pour rêver
Que rien ne s’est passé !
Je parle à mes poupées,
Je vis mon conte de fée.

Poèeme d'hier

Tu reviendras car l'amour est plus fort
Tu reviendras et je pourrai toucher ton coeur
Mon rêve se réalisera, nous pourrons partager nos heures,
Très, très bientôt, tu m'enlaceras dans tes bras,
Tu m'effleureras les lèvres de tes doigts
Et je te répondrai de mes gestes maladroits
Mais mon amour je le sais te suffira.
Je te dirai comment j'ai combattu pour toi
À chaque seconde, je pensais à toi.
Chaque minute sans ta voix me semble éternelle,
Reviens et dis-moi que je te mérites...
Reviens et dis-moi que je t'aime autant que...
Rien n'est impossible et nous passerons tous ces jours
À rire du passé austère en se fondant l'un dans l'autre.

Viens que je sois femme avec toi,
Montres-moi à faire mes premiers pas,
Viens, car je trébucherai sans ta main habile,
Viens et ne repars jamais plus.
Nous nous aiderons à marcher les jours difficiles
Et si tu veux t'en aller, il n'y aura pas de chaîne à ton pied,
Et je t'aimerai jusqu'à la fin des jours.

L'actrice

Ma mère ne me regardait pas,
Je déclamais tous les personnages
Dans ma petite chambre lilas.
Dans ce monde, je me sentais bien,
Je m'évadais de mon quotidien
Et je devenais le négrillon ou la petite fille sage.

Mes poupées semblaient me donner la réplique,
Quand par derrière je les prenais en otage !
Mes pièces prenaient des tournures épiques,
Ou se transformaient en longs monologues,
Toujours le premier rôle, bien à mon avantage.

Ma mère dans le salon se déguisait en Édith Piaf,
Alors que le disque Pathé faisait la sieste,
Et au milieu de la pièce,
Elle faisait tous les gestes
Et moi j'écoutais comme de raison,
Jusqu'au temps où elle me disait : Fais gaffe!

Plus tard, lorsqu'on me donna le rôle de ''café''
Dans la pièce de fin d'année,
Je fis volte-face et je prétendis m'évanouir.
Mon caractère inanimé me fit plus jouir
Que ces lignes fétides qu'on voulait me faire lire.

Beaucoup plus tard, sur les places publiques,
Je déclamais sous mon maquillage clownesque.
Sous des dehors et des envolées romanesques,
J'était très timide, même pudique.
Et pour quelques deniers, je livrais ma chanson...

Maintenant, sous la douche je chante
Et dans ma vie rien me m'enchante
Sauf, lorsque je peux emprunter les accents
De tous ceux que je rencontre, des petits aux plus grands.

Je voudrais mourir sur la scène
Et jouer mon dernier rôle
Pour ceux et celles qui aiment les mots
Et qui ne se lassent pas d'entendre les paroles
D'une âme qui veut partager ses passions.

La maison


Ne passe plus le temps
Dans ma maison au bord de l'eau
J'ai laissé voguer le présent
Sur mon bon vieux radeau

J'ai mis un voile sur mon coeur
Dans mon jardin, poussent les fleurs
J'ai enterré au loin mes pleurs
Dans le caveau, se mêlent les odeurs.

Dans ma maison de pierres des champs,
J'ai bu à chaque instant
Du tonneau du vin de l'amour
Pour éloigner les mauvais jours.

Sir chaque pierre, j'ai marché
J'y ai inscrit ton nom
Au vert feuillage, c'est l'été
Ne changent plus les saisons.

Dans ma maison, au fond des bois
S'est blottie au fond de mon âme,
Une semence qui y croît;
L'amour ardent jaillit de l'âtre.

ET ma maison, c'est ta maison,
Un oiseau y chante le bonheur
Qu'on ne saurait trouver ailleurs
Peu importe les horizons.

Ils ont trouvé notre maison
Les volets y battaient au vent,
Nous étions déjà hors du temps
Unis dans l'univers sans nom.

''AVIS À TOUS LES PASSANTS''
Qui n'aiment pas voir passer le temps
Rendez-vous au bout du chemin,
Là s'y trouve votre maison.

Il y a toujours le feu dans l'âtre,
Le bon vin dans le grand tonneau,
Le bonheur au fil de l'eau
Et nos esprits un peu folâtres.

Au jardin des divorcés

Le jour descend sur notre amour
Et nous n'y pouvons rien
La rose aussi se fane un jour
Et il n'en reste rien!

Nous nous sommes rendus tous deux
Au croisement du chemin
Nous ne sommes plus amoureux
C'est là notre destin!

Et peut-être que c'est tant mieux!
Même si c'est la nuit,
Avant que nous soyons vieux
Laissons-là tous nos ennuis...

Marchons chacun de notre côté.
PRenons notre part de chemin
Vivons notre vie d'humains
Pour notre chance, à nouveau tenter!

Les espoirs ne sont pas morts
Au fond de nos coeurs bouleversés
Mieux vaut nous séparer
Pour s'assurer un meilleur sort!

1985

Mon fils

Je le regarde et je crains
Je crains le futur
Le futur qui semble vain
Vain et vide de sens
Sens: cette vie n'en a aucun!

Sous la couette, je me cache
Dans ma cache, je vis
Je vis dans l'attente du pire
Le pire c'est que je l'aime!

Comment ne pas aimer?
Aimer ceux qu'on a enfantés
Enfanter la haine,la peur
Peur sans cesse pour lui!

Dans l'ombre, je le regarde
Regarde passer le temps
Le temps qui n'y change rien
Rien de nouveau au quotidien!

Si seulement je pouvais marcher
Marcher à sa place et lui éviter
Éviter les déboires de la vie
Vis ta vie mon petit!

Mon coeur s'embrase et je pleure
Pleurs qui couvrent mon oreiller
L'oreiller où j'enfouis ma tête
Tête qui pense à toi continuellement!

Que faire, sinon attendre
Attendre le miracle
Miracle qui te fera changer de route
Route qui te mènera au bonheur!

Stop le temps

Souhaiter la mort,
Esprit retords?
Triste décor,
À moi tous les torts!
Pompes funèbres,
Pas célèbre,
Pas de trève,
Vite qu'on m'achève!
Transperce le glaive,
Dans l'aine,
M'enfonce dans la glaise,
Plus de foutaises!
Irrationnelle
Sous la tonnelle,
Cacher lafontanelle,
Vite mon ombrelle!
Me sauver du passé,
Du présent,ne plus pleurer,
Si fatiguée
De tous ces étés.
À quoi sert d'aimer!
Du fruit de nos entrailles...
La vie me tiraille,
On croit que je déraille,
Vite sur les rails!
Désolation,
Consolation,
Désillusion,
Respiration,
Passion,
Transpiration,
Intonation,
Fluctuation,
Stop le présent!
S'arrête un instant,
Qui dure jusqu'à la fin des temps!

Stop la vie

L'orage va passer petite, qu'elle me dit la belle dame!
Dans un autre univers peut-être, je pense dans ma tête.
Avec mes yeux verts de pervenche, je marche dans le tunnel,
Sans espoir de clarté, trébuchant sur les petits cailloux blancs,
Me blessant constamment sur les galets de la plage,
Mes pieds non protégés, malgré les chaussures des humains.
Le beau soleil d'été reviendra, mais ne réussira pas à calmer
La douleur qui fait saigner mon coeur et qui martelle mes os.
Je donnerais ma vie pour le bonheur de celui qui a quitté mes entrailles,
Si je pouvais porter le fardeau de sa folie et m'en accaparer,
Pour ne plus jamais voir la laideur poindre à l'orée de chaque jour,
Je m'investirais de cette mission et la mènerais à terme sans relâche.
Je marche, je me cache, je m'abrite sans succès,je voyage au loin,
Mais sa peine me suit sans arrêt, même la nuit ne me donne plus de répit!
Que faire pour anéantir les démons qui détruisent la beauté?
Prier, crier,rager,marteler de coups l'oreiller?
Pleurer,chanter à tue-tête, se boucher les oreilles?
Stop! Arrêt! Chut!

Avant

Sur les chemins, moi je marchais
Dans les rues, je t'attendais.
Mon coeur frémit même la nuit,
Quand tu me parles ou me souris.

C'était il y a bien longtemps,`
Lorsque nous avions tous deux vingt ans,
On était les meilleurs amants,
Mais la vie en a fait autrement!

L'eau a coulé sous le pont de la vie,
Et tous les deux, on a fui
Vers des horizons plus cléments,
Mais l'amour, on a fait sans...

Dis-moi, toi qui est si loin,
De mes yeux et de ma mémoire,
Dis-moi as -tu trouvé l'amour?
Celui que chante le troubadour.

J'aimerais parfois te rencontrer,
De ton nom, les syllabes prononcer
Et retourner au temps d'avant,
Sur les rives du lac d'argent.

Dans la cour d'école




Ce ne sont que des enfants,
Qui jouent gaiement!
Ce ne sont que des enfants,
Passe le temps!

Dans la cour d'école,
J'entends les chants
Dans la cour d'école,
C'était le printemps!

Ce ne sont que des enfants,
Qui jouent gaiement!
Ce ne sont que des enfants,
Passe le temps!

Il y a des maîtresses,
De si beaux moments
Qui, dans la détresse
Nous ramènent au temps...

Ce ne sont que des enfants,
Qui jouent gaiement!
Ce ne sont que des enfants,
Passe le temps!

Gentilles caresses,
J'étais un enfant.
Regard de tendresse,
Dans ce bureau blanc.

Ce ne sont que des enfants,
Qui jouent gaiement!
Ce ne sont que des enfants,
Passe le temps!

Devant mon école,
Il n'y a pas les bruits,
Là, sous mon étole,
Le passé détruit.

Nous n'étions que des enfants
Qui jouaient gaiement
Nous n'étions que des enfants,
Il y a bien longtemps!

Émotions

Les émotions me bercent parfois tout doucement,
Ou me transportent vers des rivages inconnus.
Les émotions savent trop bien mettre mon coeur à nu,
Ou elles cachent mon vague-à-l'âme, sous les sables mouvants.

Comme le tsumani dévastateur, elles font rage et détruisent
Les murs solides, entre lesquels je m'étais barricadée.
Dès lors, elles envahissent les pores de ma destinée
Elles rongent mes reins et de ver-de-gris les enduisent.

Parfois, naguère elles me transportaient aux nues,
En abondance, elles meublaient mon esprit d'allegreto
Et je voulais toujours, toujours aller plus haut,
Ces amies joyeuses, hélas sont disparues!

Train-train quotidien

Dans la pénombre, on entend un cri,
Je crois que c'est la voisine d'à côté,
Pour un moment, l'envie m'a pris...
Mais, c'est chacun pour soi en société,
Alors,doucement je me suis rendormie.

Je m'éveille, très, très fatiguée,
J'appuie sur le bouton de la télé,
Vitement, je prépare mon café,
Et devant l'appareil, je m'assieds.

Les informations du matin me réveillent,
Une vision de mon quartier, de ma maison,
Et la voix de la speakerine et son ton
Me troublent,me dérangent, m'atteignent,
Morte est cette dame,que je connaissais de nom.

La morale de cette histoire, c'est que dans nos villes,
Nos patelins, nos villages, se jouent les drames,
Les histoires, les passions mènent aux actes vils,
Nous sommes les témoins silencieux de ce qui se trame!

Mais comment pouvons-nous savoir?
Que sur les trottoirs, les acteurs demain ne seront plus,
Qu'ils ne répondront plus à notre petit salut,
Une minute de folie dans le soir, le désespoir...

Sans paroles, je me lève de mon siège,
Ébranlée sous la douche, je me réveille
Et me dis, si ce n'était qu'un rêve?
Dans ma tête, je fais la trève...

Cling, clang sur la route vers le boulot,
Je me justifie et pense à mes petits bobos,
Il y a tous ces enfants qui meurent au Bangdalesh,
Et personne ne se lève pour vendre la mèche!


On de soit d'avoir bonne conscience,
Ce n'est pas une équation de science,
On ne doit pas se mêler des affaires des autres,
On nous l'a enseigné, ce n'est pas de notre faute!

Le quai de la gare

Sur le quai de la gare, je regarde passer le train,
Avec tous mes bagages, mon coeur manque d'entrain
Pourquoi faut-il quitter ses parents, ses amis,
Pourquoi faut-il aller vers un autre pays?


Sur le quai d'une gare, je regarde partir le train,
Je suis là sans bagages, mon coeur est plein d'entrain
Pourquoi faut-il attendre si longtemps pour revenir
Au pays de son enfance et ne plus repartir.

Sur le quai de la gare, j'ai enfin pris le train,
Un tout petit bagage, car plus rien ne m'enfreint
Pour aller au pays qui m'a ouvert ses bras,
Cette terre que j'aimerai jusqu'au trépas!

Au bout de la plume

Au bout de la plume,
On écrit des mots,
On rêve à la lune,
Même s'il est tôt!

Sous les feuilles mortes,
J'ai enfoui mes mots,
On sonne à la porte,
C'est le vieux Menaud.

Au bout de la plume,
Sont tous mes amis.
Perdue dans la brume,
J'ai tué l'ennui!


Va dans la cuisine,
Mon frère le gueux,
À voir votre mine,
On croirait en Dieu!

Au bout de la plume,
Voilà que je dors,
J'écris à la une,
Réjouie de mon sort!



Sur l'air de Au Clair de la lune

Vingt ans

Bientôt vingt ans tous les deux,
De doux moments amoureux,
Je vois le ciel dans tes yeux,
Même si dehors, il pleut!

Après vingt ans, on sait bien,
Que ce n'est pas toujours bien!
Des jours qui ne valent rien,
Des mots qui ne riment à rien.

Lorsque je suis dans les bleus,
Lorsque j'ai les larmes aux yeux,
Tu voudrais que je sois mieux,
Mon ange, chevalier preux!

On traverse les tempêtes,
Si parfois on s'embête,
Si on se fait la tête,
Ensemble, rien ne nous arrête!

Bientôt,vingt ans tous les deux,
Riches,pauvres ou miséreux,
Avec beaucoup ou très peu,
Nous serons toujours heureux!

Un gueux au printemps

Pour ne pas voir le printemps,
Pour ne plus entendre les enfants,
J'ai fermé les yeux sur ma vie de gueux,
Je me suis réfugié dans ce monde merveilleux!

Je flotte dans le coton ouateux,
Je ne peux trouver mieux
Que ces rêves d'antan,
Loin du présent!

Là-bas,sur les sentiers
S'agitent mes pieds,
La douleur ne m'atteint plus,
On ne me parle plus!

Pour ne pas voir le printemps,
Pour ne plus entendre les cris de la rue,
Je me suis caché, je me suis tu
Tout petit, je suis chez ma maman!

Sur les trottoirs

Été comme hiver, elle a bâti sa maison,
En saison froide, elle la revêt de carton,
Au chaud, sous le ciel étoilé, pour la mousson;
Au milieu de la nuit, elle admire les astres au plafond.

Sous les couvertures, elle cache son visage,
Au petit matin,la foule piétine et ravage.
Souvent,elle ne peut plus respirer,
Elle rêve de la basse marée.

En hiver, au-dessus de la grille chauffante,
Elle s'emmitouffle dans le sac de couchage,
Que les enfants de l'école Sainte-Offrande
Ont distribué le samedi en huit, sans charge.

Lorsque je conduis mon petit à la crèche,
Je la vois se parlant à haute voix,
Gesticulant et protégeant son toit.
Ce pourrait être moi là, dans la dèche.

Cette femme aux cheveux défaits,
Dont on ne peut plus distinguer les traits:
C'est la maman, la soeur, la fille de quelqu'un,
Sans papiers, elle vit sous un nom d'emprunt!

Jamais, au grand jamais, elle ne quémande
Il faut dire qu'elle n'est pas gourmande,
Un jour sur deux, elle est à la soupe,
Et les dîners, toujours elle les loupe.

Ce matin, je ne la vois pas
Au coin de la rue, elle n'y est pas
Sur la grille, il y a son grabat
À l'intersection, c'est le branle-bas!

Au milieu de la rue, un corps immobile
Les yeux mouillés,un excès de bile,
Je regarde et je pleure,
Devant ce spectacle qui m'apeure!

La dame sans nom,sur la chaussée
Sans manteau, les pieds déchaussés,
Autour d'elle, la foule rassemblée
Dan ses mains, une photo déchirée!


J'avais vu, si seulement j'avais su...
C'est moi, l'enfant perdue,
C'est ma maman, la femme de la rue,
Comme une démente, vers elle,je me rue.

L'habit ne fait pas le moine

À tous les matins, il nous dérangeait gentiment
Nous devions nous retirer de nos sièges à son approche,
La balayeuse, il maniait avec précision,sans boniment,
Un regard humble et bas, un travail sans anicroches.

On s'habitue à tout, il faisait partie du quotidien,
Quelques-uns le traitaient comme un chien,
Malgré les sourires en coin de certains,
Il allait bon train sur son chemin:

Ce petit homme à l'allure timide,
Ce concierge en uniforme,
Cet individu sans visage, sans forme,
Ce personnage aux mains humides.

Un soir, où je travaillais plus tard que de coutume,
Un malaise soudain dans ma poitrine,
Je ne pouvais pas appeler ma voisine,
J'entendais déjà les hommages posthumes...

Terrassée par la douleur, sur le plancher,
Je crus ma dernière heure arrivée,
Alors, que le souffle me manquait,
Il était là, en retrait!

Vite vers moi, il se dirigea
Et avec la dextérité d'un pro,
Il fit une incision; ce n'était pas trop tôt,
Dans l'ambulance, on m'amena...

Le lendemain, j'appris
Qu'il m'avait sauvé la vie:
Docteur Kwan, dans son pays,
Le concierge, comme on l'appelait ici.

Il ne faut pas juger sur l'habit,
Au travail désormais, on lui sourit!
N'attendez pas l'inévitable,
Pour bien traiter vos semblables.

Trahison et passion


Je ne sais plus ce qu'est l'amour,
Il est parti par un beau jour,
Depuis je cours seule,perdue,
Très loin derrière, j'ai attendu.

J'ai attendu que tu me suives,
Mais tu es resté là chez toi,
Je voulais que tu me poursuives,
Que tu me dises, mais tu es resté coi!

Tu es resté coi, sans mots,
Alors, que je voulais t'entendre,
Comme dans un scaphandre,
Tu as ignoré mes maux!

Les maux causés par l'absence,
Ont fait de moi une nomade,
Mon coeur bat la chamade,
J'imagine ta présence!

Ta présence me ferait renaître,
Tu ne serais plus le traître,
Je boirais l'amour dans tes yeux,
À Paris, sur la terrasse tous les deux!

Mort dans l'âme (essai de sonnet)

Quand on ne voit que la mort au bout du chemin
Découragée,en pleurs et l'âme trop meurtrie
Quand on se réveille et que dès le matin
On a la bouche cousue,jamais on ne rit.

Quand aux jours de notre jeunesse frivole,
On ne se souciait guère du chemin étroit,
Ces mots désuets n'étaient que paraboles.
À nos oreilles, seul le rock and roll était roi!

Bientôt sous la terre enterrés, tous les regrets
Souvenez-vous; ne le gardez point secret,
Sur mon épitaphe: celle qui a aimé!

Que de rêves vains, que de pensées futiles
Dans cette galère, ce monde hostile
Doucement, sans bruit je m'en serai allée!


à retravailler!

La maison du lac (Haïku)


Fleurs dans un vase
Murmure du vent du lac
Sur l'onde, ton nom

Cailloux sous mes pieds
Au large, s'enfuit l'oiseau
Piano au salon

Lampe Tiffany
Plume qui s'envole au vent
Gazouillis du soir

Les prières envolées

Où vont toutes les prières qui se sont envolées?
Ont-elles trouvé un Dieu pour les écouter?
Elles ont quitté nos bouches et nos coeurs,
Elles nous ont arraché des pleurs.

Passe le temps, point de nouvelles
Sur l'océan, a quitté la caravelle
L'attente se fait longue, on a oublié
Qu'ici-bas, il y a une âme éplorée!

Que doit-on faire quand le sort
Semble nous donner tous les torts?
Doit-on continuer de prier,
Ou finalement se résigner?

Comment pourrais-je abandonner?
Celui pour qui j'ai tant prié
Sans force, je suis épuisée
Où est ce Dieu qui m'a aimée?

Irrationnel

Ô miroir, dis moi qui est le plus laid?
Parfois, je me regarde et tout est défait,
Mon visage et ma blancheur de lait,
Mes yeux hagards et mon étroit palais,
Trop basse est ma raie,
Ma pommette dans le gras disparaît,
Mon Dieu que je suis laid!

Miroir difforme, tu viens détruire mes jours!
Même si je me vêts de mes plus beaux atours,
Je sens sur moi le regard des gens aux alentours,
Je voudrais me cacher dans les confins de la tour,
Disparaître, ne plus entendre le chant du troubadour,
Tout m'importune! je voudrais me faire rôtir au four,
Qu'il ne reste plus rien de ces membres lourds.


Ils m'affirment que ce n'est pas vrai,
Ils me disent que je ne suis pas laid,
Mais les faits sont les faits,
Je ne vois pas ce qui me plaît,
La beauté n'est pas dans mes traits,
Je ressemble à un animal de trait,
Un singe, un monstre, une plaie!

Qui me délivrera de ce corps de mort?¸
Afin que je devienne le prince consort,
Le maître de l'univers qu'on adore,
Le géant que nul n'abhore,
La beauté sans les torts,
Le viking, le dieu, Thor,
Qui me délivrera de la mort?
Qui me délivrera de la mort?

Au bout du tunnel

Dans sa tête,il est parti en voyage,
Voyage qui n'en finit plus!
Au pays des ombres et du tourment,
Un monstre envahissant le ronge!
Alors qu'au soleil, sur la plage,
Les copains rient et se gavent;
Lui,dans sa chambre mesure ses jambes.
Il n'entend plus le bruit de la mer,
Ne sent plus le vent frôler sa joue.
Au coeur de l'été,saison des rires,
Il se préoccupe de calculs compliqués.
Obtenir Le corps parfait qui n'existe pas
Et qu'il voudrait sien!
Comme je voudrais qu'il revienne!
Pouvoir le regarder gravir les échelles du parc,
L'entendre réciter le texte du film des dinosaures,
Le voir sourire dès le matin et déambuler
Au soleil des jours passés.
Mon fils, le plus brillant de sa classe,
Celui dont on enviait l'intelligence en cachette!
Je me console, en regardant les photos d'hier,
Et parfois dans ses yeux magnifiques,
Je vois un peu de cette lueur passagère!
Courir devant,regarder derrière,
Les prières,les cris,les docteurs,il n'y a rien à faire!
Je me réfugie dans ces photos des temps heureux,
La joie qui brillait dans ses yeux!

Mensonge et vérité

Derrière les visages, se cache la vérité
Jamais,on ne devrait s'attarder
Aux traits qui ne durent qu'un temps,
Qui s'envolent comme feuille au vent!

La jeunesse frivole ne sait que se fier
Aux apparences futiles du corps mortel,
Au lieu de toiser la beauté éternelle,
Qui subsistera au delà des années!

Rêver de conquérir le monde par sa stature
Au bout du chemin, c'est faire piètre figure
Il est vrai que la laideur physique repousse,
Mais l'esprit aimant les surpasse tous!

Maintenant que mon corps subit les ravages du temps,
Que les bourrelets,les rides s'installent
Je ne lutte plus pour la première stalle
Mais je jouis de ce que je suis au moment présent!

L'intérieur, la profondeur de l'être, c'est ce qui m'anime,
Que je voudrais le faire comprendre aux insensés
Mais ce n'est souvent qu'avec l'âge,qu'on découvre ces trésors cachés
L'ignorance deviendra connaissance,cessera la famine!

Mes souvenirs de la Saint-Jean

Montréal se faisait belle et s'apprêtait à fêter son saint patron.
Dans le sein de ma mère, je sentais l'excitation et sortit sans façon.
Un 23 juin,juste à temps pour les feux de la Saint-Jean;
La métropole accueillait sa nouvelle enfant!

Je grandis et bientôt on m'amena au Parc Lafontaine,
Dans la canicule,tous se pressaient vers les fontaines,
Et juchée sur les épaules d'un policier, bien en sécurité
Je célébrais en compagnie d'une foule remplie de gaieté!

Il ne faudrait pas oublier de parler du célèbre défilé.
À tous les ans, les mamans amenaient leur petit à tête bouclée,
En espérant qu'il soit l'heureux élu: le Saint-Jean Baptiste du cortège,
Les trottoirs bondés d'enfants sages, comme sous l'effet d'un sortilège.

Qu'elle était belle ma ville en ce temps de réjouissance!
Même si avec l'âge, les souvenirs s'estompent,
Ce temps de l'année, même au loin, malgré l'absence
Ravive les joies d'hier et en enfance, je retombe!

Gens du pays, c'est votre tour de vous laisser parler d'amour....,
Ma chère Lorraine c'est à ton tour de te laisser parler d'amour....
C'est ma fête en double, puisque je suis arrivée au plus beau temps de l'année,
Mon anniversaire, on ne risque jamais de l'oublier!

Métro, boulot et peut-être dodo

Il est presque seize heures,
Bientôt, il sera temps de rentrer
Pour le guerrier, le repos bien mérité
Pour moi, c'est la hantise, la peur!

Pendant le jour, je me fais un cinéma
Je m'invente un personnage qui sourit
Mais le soir arrivé,où puis-je me cacher?
Sans le masque,au grand jour me révéler!

La douleur,les désillusions seront au rendez-vous
Jusqu'aux cimes, il me faudra grimper sans garde-fou.
Dans les recoins de ma pensée,il viendra me chercher
Sur les charbons ardents, je devrai marcher sans me brûler!

Je m'évade encore dans le métro
J'entends les accents du monde
Je voyage sur la mappemonde
Je rêvasse, je ne me presse pas trop!

Il fut un temps, où je comptais les secondes
Pour retrouver ma douce maison de ville
Aujourd'hui, je préférerais être vagabonde
Plonger dans une autre vie, pour être tranquille!

Le petiot

Il est venu le petiot,
Il est parti aussitôt,
Sa maman est en sanglots,
Son papa tourne le dos

...pour ne pas pleurer, pour ne pas pleurer...

Ces petits qu'on attend depuis longtemps,
Mais qui choisissent de ne rester qu'un moment,
Nous préparent en dehors du temps,
Un nid douillet bien tendrement!

...ne pleurez pas, ne pleurez pas...

Petite lumière qui n'a brillé que quelques heures,
Viens vite réconforter leurs coeurs,
Fais la bise à ta petite soeur,
Embaumes- les de ton odeur!

...il ne faut pas qu'ils pleurent, qu'ils pleurent...

Nous aussi les amis, on t'avait attendu
Gentil petit bambino!
Ta maman nous a dit comment tu étais beau,
Nous te verrons un jour,au-delà des nues

...nous ne voulons pas pleurer, pas pleurer

Ce n'est qu'un au-revoir joli poupon,
Jusqu'à la fin du cercle des saisons.
Bientôt, nous nous réveillerons,
Ton papa, ta maman, ta soeurette te verront!

...plus jamais les pleurs, plus jamais les pleurs!


Dédié à A et A et S.

Variations sur symphonie

Leurs masques d'acier sur leurs visages de verre
Leurs carcasses dénudées sous leurs vêtements austères
Leurs têtes échevelées sous le fracas du tonnerre
Leurs gestes saccadés sous la tempête de l'univers

Et le calme revint sur cette boule ensorcelée
Les lacs, les fleuves et les rivières n'étaient plus déchaînés
Mais, ce calme plat n'offrait plus de sécurité
À ceux qui restaient là l'oeil hagard,l'air hébété

Et l'accordéon-musette se remit à jouer
Sous l'oeil amusé de quelques spectateurs sidérés
Des airs de danse aux sérénades enflammées
Jusqu'à la nuit ou tout finit par s'arrêter

Et cette tranquilité vint se réinstaller
Enveloppant les êtres d'une étrange cécité
Qui,de leurs cerveaux n'arrivaient plus à penser
Ni même à concevoir l'idée de liberté

Soleil de plomb, sur les cimes des grands clochers
Solstice d'été au milieu de février
Marche saccadée des troupes d'ouvriers
Et au bout du tunnel,le grand sorcier

Le grand marteau sur l'enclume avait cogné
Et le grand État s'était déjà installé
Sur toute la face du globe dévasté
Mais, un oiseau sur la branche avait chanté

Ils se réveillent dans l'ombre pour fêter
Une gloire d'un univers trop essouflé..
1983

Partir

Il est parti un soir de pluie, à la recherche de son moi,
Derrière, il a laissé tout ce qui n'avait plus d'importance,
Il ne reviendrait jamais plus, au pays de son enfance,
Dans une langue étrangère, il dit les mots sous un nouveau toit!

Partir pour ne plus jamais revenir...
Partir, pour mieux découvrir...
Partir, partir,partir...


Au fil des saisons,il est devenu ce qu'il était déjà
Les tempes grisonnantes, debout au guichet de la gare
Il regarde,il hésite,les billets dans sa main et là
Il ferme les yeux, il pense encore un peu à son départ.

Partir et ne jamais revenir...
Partir pour ne plus mot dire...
Partir, partir,partir...

Une jeune fille pleure, les larmes chaudes couvrent ses joues
Rosario se lève, lui sourit, lui offre ses billets
Il voit dans son regard, une lueur qui jadis l'habitait
Doucement, il quitte les lieux,en titubant comme un homme saoul.

Partir, laisser partir...
Ne plus partir...
Partir,rester, partir

Soleil de mes jours

L'orage est passé,
Il a tout dévasté,
Ses cheveux défaits,
Mes mots qui se taient.

Une nouvelle journée,
Un soleil de toute beauté,
Tes cheveux ébouriffés,
Mon coeur arraché.

Le calme après la tempête,
Ce n'est toujours pas la fête,
Toujours, tu te défiles,
La vie ne tient qu'à un fil.

Si je pouvais panser tes plaies,
Ne pas te laisser faire ce qui te plaît
Ah! si je pouvais...
Ah! je parlerais, je t'embrasserais...

Le savant

Une chambre où les insectes pullulent,
Les détritus jusqu'au plafond s'accumulent,
Les livres épars sur les planchers, ou ensevelis
Des formules sur des papiers froissés,des souris.

Hier encore dans cet univers, il oeuvrait
L'homme à l'esprit brillant!

Sous les pics des démollisseurs,c'en est fait!
Avec des masques,ils ont pris le génie distrait
Dans l'ambulance qui le conduit,sur la civière
Il compte sur ses doigts;dans sa tête une rivière!

Hier encore sur la tribune, il parlait
Cet homme au grand cerveau!


Dans la clinique, assis sur un banc
Enveloppé dans un drap blanc,
On le sent perdu, dans cet antre aseptisé,
Dans la baignoire, de force on l'a plongé!

Hier encore,il épatait les foules
Ce savant que nul n'a égalé!

À deux ans, il répétait les multiplications
À trois ans, il lisait l'odyssée d'Homère
À vingt ans, il inventait des équations
À trente ans, il sombra dans le désert!

Hier encore, dans son berceau
Sa maman le couvrait de baisers!







_________________

Les retraités


Ils sont là les retraités au centre commercial,
Pierre,Yvon,Gertrude,Chantal et Martial.
Au milieu de la matinée,ils se rassemblent,
ils déambulent dans des ''joggings'' qui se ressemblent.

Ils n'ont que cinquante,soixante ou septante
Et pourtant, ils ont cet air de vieillesse ancré,
Rien à faire dans ces villes ou villages désertés;
Ils sont toujours là: le père, le frère ou la tante.

L'usine est fermée; à la boulangerie, les volets sont clos,
Les écoles sont vides, il n'y a plus de marmots.
Le coeur de la ville s'est tu,les musiciens se sont envolés.
À la radio, des chansons venues d'ailleurs, des marengés!

Leurs coeurs vibrants de souvenirs, devant un café
Ils se remémorent le temps d'hier, leurs belles journées
Il est seize heures, de retour devant leur écran télé
Ils se font un thé et regardent les jeux-réalité!

Où sont passés les bistros, les cafés?
Les rires fusaient et l'amitié régnait
À la retraite, les gens s'occupaient,
Les enfants les couvraient de baisers.

Joyeux anniversaire maman

J'aurais tant voulu avoir une maman qui me borde le soir,
Une maman qui fait des petits plats, qui lit des histoires,
Qui tricote des mitaines,et qui fait des câlins sur le canapé
Non,ma maman à moi; elle lisait des romans-ciné illustrés!

J'aurais voulu avoir une maman qui se réjouit avec moi
Lorsque je reviens de la petite école avec mon bulletin,
Une maman qui se lève le matin pour manger avec moi,
Qui m'aide avec mes équations, et peigne mes cheveux fins!

J'aurais préféré une maman qui ne m'envoie pas acheter des cigarettes,
Qui ne jette pas mes fleurs cueillies dans le parc,mes pâquerettes.
J'aurais aimé une maman qui ne me fasse pas taire, qui me laisse chanter
Une maman qui me couvre de baisers, qui me dit des ''je t'aime'' à la journée!

Mais, tu es la maman que le ciel et les dieux m'ont donnée
Tu es la maman sans laquelle je n'aurais pu exister
Tu es la maman qui m'a sans doute aimé, même si tu m'as quitté.
Tu es la seule maman qui m'a enfantée,malgré tout je t'ai aimé!

Je te souhaite un joyeux anniversaire aujourd'hui!
Et je regrette de n'avoir pu te retenir
Je sais maintenant que tu as dû souffrir
Tu as quitté ce monde, tu l'as fui!

1 er août 2008

Tristesse

En écoutant cette douce musique qui fait vibrer tout mon être,
Une grande tristesse m'enveloppe; mon Dieu que je voudrais pleurer!
Sous mes paupières, les larmes attendent avant de se déverser,
Dans ce jardin imaginaire, je me suis assise sous le vieux hêtre.

Dites-moi pourquoi ce monde ne se revêt pas de l'amour vrai?
Dehors ces couleurs multicolores;mais le coeur s'habille de gris.
Souvent, ces pensées moribondes m'habitent et je me tais,
Pourtant, je regarde le lys blanc et de l'oiseau j'entends le cri.

Que ma muse invente les mots et que je me noie dans le bonheur!
Que je puisse oublier le présent et que s'envolent les heures!
L'habit de mes jours se déchire et je veux habiter le gai refrain
Comme la nacelle qui vogue de port en port, j'ai perdu mon entrain.

Que la fin vienne me délivrer et m'emporte dans ce lieu heureux,
Que la façade qui cache la lumière se fracasse em mille morceaux,
Que le soleil du Très-Haut vienne assécher mes maux, mes oripeaux
Que ce matin frais et lumineux perdure et efface même mes cheveux!

Mon seul ami

Les jours s'enfuient,
Déjà, la nuit,
Ma vie défile,
Comme le fil!

Ils sont partis,
Fini les cris,
Moi, dans mon lit,
Bonsoir la vie!

Les yeux fermés,
Je peux rêver,
Et t'écouter
Ce soir chanter.

Amusons-nous

Les athlètes arrivent masqués,
Ils ont peur pour leur santé,
Dans cette ville polluée,
Pour ces jeux chez les opprimés.

La sueur sur le visage,
Leurs pauvres habits en nage,
Les sans-abris forcés ragent,
Survivant tout ce ravage.

Ah! la sagesse de l'Orient,
On a caché tous ces patients,
À la vue de ces passants.
Plusieurs vont dormir sous les bancs!

On se croirait dans l'arène,
Avec les lions tout en haleine,
On se cache sous le dragon,
Peu importe, nous nous amusons!

Enfer ou ciel, ciel ou enfer

On peut me dire cent fois que ce n'est pas plus grave que ça,
On peut me répéter mille fois que ça passera,qu'un jour viendra,
Mais moi j'en ai marre, je n'en peux plus ,je ne crois plus,je ne crois pas!
Que le temps s'arrêtera, que je n'entendrai plus le désarroi,ça ne se peut pas!

Si j'avais su, je n'aurais jamais croisé le fer avec l'amour sur cette terre,
Je me serais fait nonne dans un couvent et j'aurais chanté des vers,
Des chants grégoriens au Très-Haut;j'aurais cueilli au jardin les primevères,
J'aurais évité tout un calvaire; puisse cette coupe s'éloigner de mon coeur de mère!

Où sont les abris pour les coeurs meurtris, peut-on sombrer dans la folie?
Aimer d'amour à en mourir, tout perdre et sombrer dans l'amnésie?
Sur mes lèvres un goût amer, je me réfugie dans les mots pour ne pas être aigrie,
Les plus beaux paysages, les vallées, les montagnes, la mer, jamais je n'oublie!

Dites-moi où se cache le ciel sur terre, que je puisse m'y réfugier,
M'y tapir, m'y prélasser, m'y reposer en attendant l'éternité!
Dites-moi vous qui savez où je peux me blottir pour ne plus pleurer,
Pour que le bonheur vienne m'embrasser loin de ma vie de feu embrasée!

Envie

Ah! qu'il me tarde d'écrire encore de ces poésies fignolées,
De partager ces écrins de velours, remplis de bijoux finement ciselés.
Hélas! le temps ne me permet plus de me dévouer à la tâche comme l'artisan,
Je suis femme de mon époque; au fil de mes émotions, je sème à tous vents!

Dans ma vieillesse, je m'asseoirai peut-être encore à la table des fins mots,
Je pourrai jongler dès l'aube jusqu'au crépuscule, avec un ''a'' et un ''o"
Compter les pieds de mes vers et les remplir de beauté,de mystère
Je voudrais les faire glisser, tout comme un patineur sur le verre.

Dans le train

Visage d'enfant
Dans la fenêtre du train
Paysages blancs


Ton joli minois
Les animaux font leur train
Volent les oiseaux

Jolis moutons blancs
Nuages au ciel bleu d'été
Tes cheveux crépus

Défile la vie
Le long de la voie ferrée
Grands yeux étonnés



(Pour Josué)

Photo de mon enfance





Une photo en noir et blanc,
Je me revois encore enfant
Petite fille aux grands yeux,
Au regard un peu mystérieux!

Jamais, jamais tu ne pensais
Que la vie c'était douloureux!
La boucle dans tes fins cheveux,
Ta bouche qui déjà chantait.


Dans cette chambre tapissée,
Dans ce fauteuil très rembourré,
Chez les parents de ton papa,
Tu as fais tes tous premiers pas.

Dans une boîte de souliers,
On te faisait te promener.
On te laissait parmi tous ceux
Qui t'aimeraient à satiété.

Dehors, sur la rue Paradis,
Les oiseaux roucoulaient gaiement
C'était tous les jours le printemps
Dans le hamac,on te sourit!

À la ville, tu retournas,
À l'école tu t'amusas,
Tu imitais tous les accents,
Tu offrais à tous des présents.

Bientôt, tes yeux se sont noyés,
Les larmes t'ont étouffée,
Tes jambes sont paralysées,
Au moins, tu parles à tes poupées!

Si, on pouvait rester enfant,
Ne jamais devenir trop grand
Toujours avoir une maman
Qui vous serre bien tendrement.

Je me souviens de ce beau temps
Avant qu'on coupe le cordon...
J'ai tant voulu pour mes enfants
Leur éviter tous ces tourments.


Passent les jours, passe ma vie,
Je veux oublier les jours gris,
Je veux redevenir enfant,
Pour jouer avec mon petit-enfant!

Bientôt

Que de jours se sont écoulés depuis notre dernière rencontre,
Le temps file et je me revois encore hier dans tes bras enjôleurs
Sur la terre ferme et dans tes eaux salées, peu importe la montre,
Tous mes soucis s'en sont allés, je suis libre et ne regarde plus les heures.

Je projette de revenir sur tes berges, où tu pourras à nouveau me séduire,
Peu importe que ton ciel soit gris ou clément, avec toi je me laisserai emporter,
Encore,je goûterai à tes nourritures célestes et personne ne pourra me nuire,
L'air salin enivre mes narines et je flotte allégrement comme la bouée.

Ô douce France, ton cri je l'entends dans la nuit,
Je me réveille, non ce n'est plus mon imagination,
Je marche sur le macadam, effrénée je poursuis
Ma course folle le long des tes routes avec passion!

Jazz dans la nuit, jazz

Dans la nuit, le jazz
La femme nonchalante
Une bouteille
Sur la table, deux verres
Elle te regarde et chante

Dans la nuit brune
La femme part et s'enfuit
La flamme rougit
Dans cette salle enfumée
Atmosphère fébrile

Là, dans le brouillard
À l'aube, au petit matin
Je vois l'assassin
Vite,il court comme un trouillard
Les étoiles s'étiolent


La vie continue
Tous les deux sont disparus
Le train de banlieue
Les passants se bousculent
Le chant s'éteint au matin

Paris

Lorsque je pense à Paris,
Je me vois sur les Champs-Élysées,
Sirotant un petit café
Je regarde les passants, je souris!

Lorsque je pense à Paris,
Je gravis les escaliers de Montmartre,
J'achète le Saint Martin du Tartre
D'une peintre de Montsouris.

Lorsque je pense à Paris,
Je marche près du Marché aux Fleurs,
Je me promène dans Saint-Sauveur,
Oû la petite Madeleine Després naquit!

Lorsque je pense à Paris,
Je gambade dans les films d'antan
Je donne la réplique aux plus grands
Paris,Paris, Paris, je ris!

Dans le métro

Là,ils se beccotent
Les amoureux du métro
Et il la regarde
Son ventre rempli d'amour
Sur le quai,un nouveau-né

Oh quelle surprise
Les gens s'arrêtent pour voir
Très vite ils repartent
Les laissant seuls tous les trois
Il l'étreint bien tendrement

Enfant de l'amour
On te prénomme Downland
Là,où tu es né
Tu y reviens ce matin
Et tes parents se beccotent

Nice ou Florence (triolet)

Choisir entre Nice ou Florence
Ça, je ne le pourrai jamais
Commettre une pareille offense
Choisir entre Nice ou Florence
Comment montrer ma préférence
J'en mourrais, si je l'assumais
Choisir entre Nice ou Florence
Ça, je ne le pourrai jamais!

Les belles eaux

Je me vois déjà sur les bords de cette mer houleuse,
Respirant l'air salin,écoutant le fracas des vagues.
Mes pieds déambulent dans mes sandales ouvertes,
Je me heurte sur les galets, mais peu m'importe!
J'ai juré que je me tremperais jusqu'aux chevilles
Dans cette eau aux reflets gris bleutés!
Dans cet hôtel de la côte, les marins longent les couloirs,
Dans leurs yeux délavés, un air de douce tristesse,
À Saint-Malo,beau port de mer, je suis arrivée!

Il me souvient du fleuve de mon enfance,
L'eau froide à vous couper le souffle,
Le varech à l'odeur particulière,
Les petits poissons pêchés sur le quai,
Les blousons qui nous protégaient de la froidure du soir,
L'odeur d'éperlan frit qui montait du café du port
Et qui venait chatouiller nos narines d'enfants toujours affamés!
Tous ces souvenirs remontent à la surface,
Alors que je marche sur le sable de Bretagne!

Sur ce pays qui est le mien!

Ils sont venus de France
Pour un lopin de terre
Ils ont semé dans la lande,
Un fleuron encor prospère!


Ce fleuron glorieux.
Rend hommage à nos aïeux
Regardez cette nation fière,
Chantez, terre entière!

Ils nous ont laissé des cadeaux précieux:
Une langue qui résiste aux intempéries,
Un coeur valeureux,un vaillant esprit
Qu'on a pas trouvés sous d'autres cieux!


¨Je me souviens, je me souviens¨
C'est la devise de ma nation,
En Amérique, c'est le dernier bastion,
¨Je me souviens, je me souviens¨!

Qui a volé?

Ta photo est là,accrochée sur le mur,
Tu me regardes avec tes yeux rieurs,
Ton bonheur se reflète même à la mi-heure,
Les ombres s'en sont emparé,rien ne dure!

À ta porte,je t'épie dans l'embrasure,
Ta mine patibulaire m'effraie,
Tu marches de long en large dans ta masure,
Je voudrais t'enlacer,mais je me tais!

Hier encore, je caressais tes cheveux,
Aujourd'hui, des mèches folles couvrent tes yeux,
Tu te caches, pauvre de toi des affres du monde,
Qui t'as blessé, pour que tu disparaisses de la mappemonde?

Oh! comme je voudrais
Oh! si je le pouvais
Ah! comme j'aimerais
Ah! je t'embrasserais

Bris et débris

Les morceaux de mon vase sont éparpillés sur le plancher,
L'ouvrage de mes mains se dissipe dans la fumée,
L'ouragan s'est déchaîné et a tout emporté,
L'être humain ne peut ajouter une coudée à sa journée!

Si l'enfer existe, on n'a pas besoin d'attendre pour y passer,
Le feu dévore à chaque instant mes folles et sages années,
Mes espoirs se sont tus et ma pensée s'est envolée,
Dans ma chambre à coucher, je me cache pour pleurer!

Les voyages si nombreux soient-ils ne pourront mes peurs estomper,
Du Taj Mahal à la Tour Eiffel, de Menton à Den Haag, mon coeur s'est brisé,
Mes amis me fuient comme si j'étais une pestiférée,
Ils se bouchent les oreilles pour ne plus entendre mes miserere!

Cent fois sur la planche, le travail est à recommencer,
Le marteau sur l'enclume frappe cet ouvrage inachevé
Comment regarder plus loin que son nez?
Peut-on encore espérer?

Qui va recoller les pièces dispersées?
Est-ce que les miracles sont toujours de ce monde désarticulé?
Peut-on croire en un Dieu qui a pitié?
Tant de fois, ma voix l'a supplié....

Le fleuve

Sur le chemin qui me mène loin de mes parents,
Se dressent ces rocs immenses, protecteurs,étouffants,
Je suffoque,tout est majestueux et désert.
Des épinettes,des sapins, que des arbres verts!

Petite, au fond de l'autocar, peuplé par ces adultes
Je me réfugie dans mes pensées,mes oreilles bloquées.
La route est escarpée, et voilà qu'on me catapulte
Dans ce bled perdu, loin de la ville, au fond de la vallée.

Les larmes envahissent mes yeux de poupée,
Ma tante me tient la main;elle aussi c'est une exilée
Dans ce patelin de province,où c'est mal d'être étranger.
Je traînerai mon baluchon,et je pleurerai à satiété.

Ô miracle! après des kilomètres de forêts brûlées
Se dresse majestueux, le fleuve aux eaux argentées.
Mer salvatrice, algues, varech, éperlans et bateaux blancs
Sauront égayer mes étés solitaires et consoler mes chagrins d'enfant!

Fleuve Saint-Laurent si souvent évoqué,
De ma neurasthénie, tu m'as sauvée,
Si je n'avais pu tremper mes pieds,
Si je n'avais pu sur tes rivages, chanter
On ne m'aurait jamais rescapée!

Mère perfide

Dans le ciel ou sur la terre,
Je n'en ai point vu de pareille.
De son sein,ne jaillit que fiel amer
Et ses enfants,eux désespèrent
De trouver un fruit vermeil,
Et elle ricane haineusement!

Sur ses genoux, pleure petit enfant perdu,
Jusqu'à ce que son ombre ait disparu.
Quelle infâmie d'avoir vu jour dans son nid
Alors, que se tendaient les mains amies
Aux kilomètres de l'amour et de la vie,
Elle qui oublie ta bouche affamée!


Que les heures sont brèves dans le silence,
Hors de ses bras de pieuvre trop enlaçants!
Que les minutes sont douces sur vos couches,
Avant que le jour ne vous mette en présence
De cette mère vipère, aux allures plus que louches,
Et pourtant, elle vous embrasse!

Qu'elle est tiède cette main moite
Qui dèes les premières heures touchait vos coeurs
Et vous enveloppait d'une fausse ardeur
Jusqu'à ce que vous étouffiez,noyés d'horreur
Vous l'avez quittée,soit!
Et,elle n'est plus là!
1983



Ces flammes qui me hantent

Les flammes ardentes ont envahi mon coeur
Mais,jamais elles ne sécheront mes pleurs
L'amour dévorant s'installe en vainqueur
Sans crier gare,vous tire de la torpeur,
Sans avertir,vous entraîne dans le manège
À vous tourner la tête sans trève
Vous dirige vers la plus haute arpège
Pour vous laisser choir, un soir de neige.

Les flammes ardentes ont dévoré mon coeur,
Y oubliant le bourgeon d'une fleur
De l'espèce qui éclôt au bonheur,
Qui, à la seconde vous font voir Honfleur
Dans les rêves les plus fous de l'amour
Elles vous mènent vers votre troubadour
Et vous inventent avec lui des beaux jours
Jusqu'au réveil brutal, ce n'était qu'un mauvais tour!

les flammes ardentes n'ont pas brûlé mon coeur,
À la joie parfois, se mêle la rancoeur
Mais jamais ne s'éteindra la lueur
Qui me guidera vers l'Amour sauveur,
Loin de tous les songes vains et menteurs.
À l'aurore, se lèvera l'âme soeur
Qui m'emportera loin des chimères
Ici,ou dans un autre hémisphère.
1987

Petit poème

Quand je n'aurai plus de voix
pour chanter
Il me restera mon coeur
pour pleurer
Quand je n'aurai plus le temps
pour oublier
Il me restera les mots
sur le papier
Quand je n'aurai plus de corps
pour exister
Il me restera mon âme
pour divaguer
Et quand je ne pourrai
plus t'aimer
Il faudra que cesse
l'Éternité!
(1986)

Entre les pages


Au milieu de la foule et des bruits, je lis
Je me mêle aux personnages,et j'oublie ma vie
Je me plonge dans l'action,je respire, je souris...

Je voudrais tant me blottir au creux des pages,
Partir,devenir l'héroïne,courir à la nage,
Faire fi de tout ce qui me fait pleurer de rage;
Je voudrais m'asseoir parmi ces enfants sages.

Sur la plage ,où s'étalent les corps bronzés, je lis
Sous mon parasol,je m'envole jusqu'au paradis
J'ai fui la lande des maudits, je suis bien à l'abris.

Je voudrais tant quitter tout ce qui fait mal,
Cet appartement, ces gens, cette ville sale
Me retrouver dans ce rêve et en faire ma réalité
M'endormir,et à la page 131 me réveiller.



Au bout du chemin


Là, sur le plancher
Ma vie s’est déroulée.
Une minute et je cessais d’exister!
Un monstre venu de nulle part,
A sauté comme un léopard.
Déjà, il était trop tard
Pour refaire les cent pas!
Erreur! Ce n’était qu’un rêve,
Les joueurs n’existent que sur l’écran,
Arrêtez le temps pour un instant,
Faisons la trêve!
Dans le berceau, un petit enfant,
Le plus souriant, le plus content
Jusqu’au jour où les ombres
Ont transgressé le terrain privé,
Et en ont fait une sombre vallée!
Emportez-moi au bout de la terre,
Dans ce beau pays de lumière,
Pour que je retrouve celui que j’ai aimé
À en mourir…
On m’a volé mon bébé,
Et ça je ne saurai jamais le supporter.
On peut me faire du mal,
On peut me tuer, me voler, me piller
Mais qu’on laisse le cœur de mon enfant
Vivre au printemps!
Les humains avec leurs médicaments,
Leurs lois, leurs menottes, leur passe-temps
Ne savant pas comment traiter les enfants
Lorsqu’ils sont devenus grands,
Qui se sont perdus un instant
Dans un égarement!
Les brutes, qui aux mains
Passent les menottes,
Ne savent pas les soirs
Où j’ai bercé ce petit tendrement!
Et dans ses veines, ils injectent le poison
De la folie
et violent son esprit!
Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font,
Ainsi font les marionnettes et puis s’en vont!
Je veux aller vivre dans l’oblivion,
Me réfugier dans les romans-savon,
À jamais me perdre dans le non-temps,
Enterrer tous mes tourments

Que dire?

Il y a des mots qu'on ne peut dire,
Même à ses meilleurs amis,
Il y a des jours qu'on veut maudire,
Même si on est à l'abris.

Dans ma cour intérieure,
Il y a des chants cachés,
Et parfois ce sont les pleurs
Qui viennent m'y trouver.

Il y a des choses inavouables,
Enfouies dans les buissons,
Et pour la gente respectable,
Vaut mieux pas faire mention.

Dans mon îlot de peine,
Il y a de gros secrets,
Vous trouvez que je geigne,
Je ne le fais pas exprès.

Il y a des gens qui vont tout droit,
Sans le moindre faux pas,
Il y a aussi ceux qui cent fois,
Nous causent des tracas.

Dans ma ville de rêve,
Il n'y aura que printemps
Et ce sera la trève,
Heureux seront tous les enfants.

Avant

Sur les chemins, moi je marchais
Dans les rues, je t'attendais.
Mon coeur frémit même la nuit,
Quand tu me parles ou me souris.

C'était il y a bien longtemps,`
Lorsque nous avions tous deux vingt ans,
On était les meilleurs amants,
Mais la vie en a fait autrement!

L'eau a coulé sous le pont de la vie,
Et tous les deux, on a fui
Vers des horizons plus cléments,
Mais l'amour, on a fait sans...

Dis-moi, toi qui est si loin,
De mes yeux et de ma mémoire,
Dis-moi as -tu trouvé l'amour?
Celui que chante le troubadour.

J'aimerais parfois te rencontrer,
De ton nom, les syllabes prononcer
Et retourner au temps d'avant,
Sur les rives du lac d'argent

La secte

Les yeux hagards, croyant au ciel,
Les cheveux hisurtes, près de l'enfer,
Elle était là démantibulée,
Mais pour la première fois,
Voyant une lueur de vérité.

Le gourou à la mine patibulaire,
Soûl comme un cochon
Se vautrait maintenant
Sur la couche,entouré de ses dulcinées.
Un rot et l'homme de Dieu
Parle dans sa vomissure
Et ordonne la mise au cachot
De celle qui est désormais perdue.

''Traîtesse,incroyante
Tu oses t'opposer à la loi
De celui qui entend la Voix?
Désormais, tu seras enchaînée
Dans les chiottes
Jusqu'au jour
Où ta peine sera expiée...

Une lumière dans le noir,
Le visage de son fils
Qui la rassure
Une douce paix l'envahit
Voyant qu'il est sauvé.
Elle sait que désormais
Les liens qui la retiennent
Seront brisés.

Dans un grand fracas,
Les murs s'effondrent
Les sirènes désormais amies
Illuminent le bled
Pendant qu'on la transporte
Sur la civière,
Le Prophète est ligoté
Son regard pernicieux
Ne l'atteint plus,
Car lorsqu'elle ferme les yeux,
C'est son petit tout là-haut
Qui lui sourit.

dimanche 17 août 2008

On a tous une prison

On a tous une prison :

Prison des mots, prison de l’esprit,

Prison physique, prison avec ou sans barreaux.

On a tous envie d’en sortir :

Par la mort, par l’évasion,

Par l’alcool, par la passion.

On souffre à la minute :

Dans les pleurs, la douleur,

Dans le silence ou les cris d’horreur.

On pense, où est la délivrance?

Quelle est la porte de sortie?

Qui entendra l’appel?

Lorsque les murs s’effondrent,

Lorsqu’on sent la brise vagabonde,

Lorsque les battements d’aile frôlent…

On a tous une prison

Dans son cœur ou dans la réalité

On a tous une prison

Jusqu’au dernier souffle de vie

Ma langue

Je me suis vêtue de mots qui ne me plaisent guère,
Je me suis enveloppée d'un manteau shakespearien,
Je me suis endormie sur une planète étrangère
Je me suis enrobée des paroles de mon quotidien.
Je revis lorsque j'entends les strophes de Beaudelaire,
Je revis lorsque je chante les chansons de Duteil,
Je revis lorsque je rêve de la langue de Molière
Je revis lorsque je m'éveille en français au soleil!
De la langue de mes pères, j'ai gardé la plumeJ
e n'en ai point perdu les us et coutumes,
Même si l'accent au long cours a changé
Ce sera toujours la plus belle mélopée!

L'Angélus

L'angélus a sonné,
C'est le temps de prier,
Dans les champs ensemencés,
Les paysans fatigués
Sur leurs fourches appuyés
Se sont arrêtés
Leurs chapeaux enlevés,
Leurs mains en AVE!

Hier, aujourd'hui,demain,espace-temps

Tout ce qui ne nous tue pas,
nous rend plus forts
Il faut croire en la vie,
quelqu'en soit notre présent sort,
Apprendre à pardonner aux autres leurs torts,
Faire fi de ceux qui ont l'esprit retords.
Remonter la pente des centaines de fois,
Lever les yeux vers le ciel,
garder la foi,
Rêver, malgré le pénible chemin de croix,
Chanter l'impossible rêve,
ne jamais rester coi.
Ainsi va ma vie sur les sentiers de l'existence,
Je trébuche, sur le sol
je gîs, et je me relance,
Pénibles sont les premiers pas.
je suis en transe,
Le désir de poursuivre, malgré l'évanescence!

Commedia dell'arte

Comme un personnage de la commedia dell' Arte,
Par le verbiage, par les mimiques,
je me sens dépassée!
Je ne peux pas changer de rôle,
d'avance j'ai été choisie,
Même si j'improvise,
la fin pour moi on a écrit!
Le soir dans ma loge,
jamais je me repose,
Toute la nuit, j'écris la prose,
Les mots que j'aimerais prononcer!
Les autres acteurs s'opposent à ma destinée.
Dans le jeu, tout s'emmêle
Que faire dans ce pêle-mèle?
Des foudres de Pantalone,
J'essaie de me cacher.
Jour après jour,
Je donne ma réplique,
Même si je rapplique,J
e ne serai point troubadour!
Le sort en est jeté,
Dans la barque, on m'a tuée,
Le gentil devenu méchant
A volé mon enfant!
lalalalalalalalalalalala
Je ne chante plus les mots
Je ne réponds plus aux sots,
Le rideau est tombé
On m'a déjà oubliée!

Stop le temps

Souhaiter la mort,
Esprit retords?
Triste décor,
À moi tous les torts!
Pompes funèbres,
Pas célèbre,
Pas de trève,
Vite qu'on m'achève!
Transperce le glaive,
Dans l'aine,
M'enfonce dans la glaise,
Plus de foutaises!
Irrationnelle
Sous la tonnelle,
Cacher lafontanelle,
Vite mon ombrelle!
Me sauver du passé,
Du présent,ne plus pleurer,
Si fatiguée
De tous ces étés.
À quoi sert d'aimer!
Du fruit de nos entrailles...
La vie me tiraille,
On croit que je déraille,
Vite sur les rails!Désolation,
Consolation,
Désillusion,
Respiration,
Passion,
Transpiration,
Intonation,
Fluctuation,
Stop le présent!
S'arrête un instant,
Qui dure jusqu'à la fin des temps!

Notre maison

Ne passe plus le temps
Dans ma maison au bord de l'eau
J'ai laissé voguer le présent
Sur mon bon vieux radeau
J'ai mis un voile sur mon coeur
Dans mon jardin, poussent les fleurs.
J'ai enterré au loin mes pleurs
Dans le caveau, se mêlent les odeurs.
Dans ma maison de pierres des champs,
J'ai bu à chaque instant
Du tonneau du vin de l'amour
Pour éloigner les mauvais jours.
Sur chaque pierre, j'ai marché
J'y ai inscrit ton nom
Au vert feuillage, c'est l'été
Ne changent plus les saisons.
Dans ma maison, au fond des bois
S'est blottie au fond de mon âme,
Une semence qui y croît;
L'amour ardent jaillit de l'âtre.
ET ma maison, c'est ta maison,
Un oiseau y chante le bonheur
Qu'on ne saurait trouver ailleurs
Peu importe les horizons.
Ils ont trouvé notre maison
Les volets y battaient au vent,
Nous étions déjà hors du temps
Unis dans l'univers sans nom.
''AVIS À TOUS LES PASSANTS''
Qui n'aiment pas voir passer le temps
Rendez-vous au bout du chemin,
Là s'y trouve votre maison.
Il y a toujours le feu dans l'âtre,
Le bon vin dans le grand tonneau,
Le bonheur au fil de l'eau
Et nos esprits un peu folâtres.

Histoire d'enfant



Dans l'embrasure de la porte,
Je l'ai vue qui gisait
Sur le carrelage noir et blanc
De la cuisine du réfectoire!
Le froid du plancher,
Le blanc des appareils ménagers,
Le frigo entrouvert,
Rempli de bouteilles de bière!
Trois jours dans ma chambre,
Je suis restée sans manger,
J'ai dans ma tête imaginé
Que je vivais sur la planète aux poupées!
Lorsque dans ses bras,
Le policier me transporta,
Je le regardai d'un air hébété,
Et puis je me suis mise à pleurer!
Mon petit manteau rouge,
Mes mouffles grises,
Mes bottes brunes enfilées,
Je l'ai suivi jusque sur le palier!
Là, je me suis mise à crier,
En haut je suis retournée,
Là sur le sol froid de marbre,
Je me suis roulée,roulée,roulée!
Je me suis réveillée,
Dans une chambre blanc d'hôpital,
Dans un lit à barreaux,
Mes pieds attachés,
Je ne pouvais pas bouger!
Un rayon de soleil fit une percée,
Dans mon coeur, une envie de chanter,
Une dame à cornettes me parla,
Je me retrouvai au pays des fées!
Dans les champs, je courais
Les tournesols géants me souriaient,
Où est ma maman, je leur demandais?
Chuttttttttttttt, elle dort, ils me disaient!

samedi 16 août 2008

Bienvenue! Welcome!

Ce blog sera différent de mes autres blogs. Je vais y inscrire tous mes poèmes et autres écrits et les condenser ici.
This blog will be different from the others I have already started throughout the years.Mostly my poetry, but also other writings about everything!

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